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  Mode
La fast-fashion m’a tuée

Vous vous souvenez de cette très jolie robe repérée la semaine dernière ? Vous aviez hésité, un peu, beaucoup, pour finalement renoncer. De retour dans la boutique aujourd’hui, la robe avait mystérieusement disparu. Volatilisée, envolée, déjà remplacée sur un portant par une autre robe. Ce tour de passe-passe a un nom : la fast-fashion.

Aux origines de la fast-fashion il y eut les marques de mass-market

Nous les connaissons, nous les aimons même. Ces grandes enseignes de prêt à porter implantées un peu partout qui proposent une mode accessible, sans cesse renouvelée et vendue à des prix très abordables. Elles suscitent en nous le désir, nous pousse à consommer toujours plus mais surtout, toujours plus mal. Selon des chiffres de l’INSEE, les français achètent aujourd’hui deux fois plus de vêtements qu’il y a vingt ans. Un phénomène qui ne trouve son explication ni dans une augmentation providentielle du pouvoir d’achat ni dans l’irruption d’une nouvelle saison entre l’automne et l’hiver.

Même si en réalité, tout est bien affaire de saisons au royaume de la fast-fashion. Mais la temporalité y est comme biaisée, les repères bousculés. Tout va plus vite et les collections sont renouvelées à un rythme effréné, parfois tous les mois. Alors on achète par réflexe et les vêtements s’empilent et s’entassent, demeurant même parfois prisonniers de leur sac plastique, l’étiquette encore accrochée à la doublure. Corollaire de cette surproduction massive, une dégradation tout aussi massive de la qualité. Nous achetons plus mais nos vêtements ont une durée de vie moins longue.

Surproduction textile = désastre humain et écologique

La surpopulation de nos placards n’est qu’une des conséquences anecdotiques de la fast-fashion. Les vraies fashion victim sont la planète, et les ouvriers qui travaillent dans des conditions désastreuses dans quelques-unes des régions les plus pauvres du globe. L’industrie du textile est le deuxième secteur le plus polluant après celui du pétrole. D’abord votre voiture, et puis juste derrière cette petite robe achetée sur un coup de tête dans une grande enseigne espagnole de fast-fashion. Selon les chiffres publiés en 2016 par l’Agence internationale de l’énergie, la mode émet chaque année plus de gaz à effet de serre que l’ensemble des vols internationaux et le trafic maritime réunis, soit 1,2 milliard de tonnes. Sans compter le gaspillage, les déchets générés et le volume d’eau inimaginable nécessaire à la fabrication d’un seul vêtement. Une robe ou un pantalon fabriqué par un homme, une femme ou un enfant dans des conditions extrêmes et pour un salaire de misère. En 2013, l’effondrement d’une usine textile au Bangladesh a provoqué la mort de 1200 personnes. Cet événement a suscité une véritable onde de choc et amorcé le début d’une prise de conscience de la part des consommateurs et de certains grands acteurs du secteur.

A bas la fast-fashion, consommer autrement est possible !

Une révolution silencieuse est en marche. Les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux enjeux environnementaux et sociaux, ils veulent acheter autrement. Et les marques sont également de plus en plus nombreuses à amorcer une réflexion de fond sur leurs cadences de productions et les matériaux qu’elles utilisent. Même si la marge de progression est énorme, les efforts doivent être soulignés et les jeunes marques responsables encouragées. Les consommateurs militent quant à eux pour plus de transparence : où sont fabriqués mes vêtements, comment et par qui ? Il est de la responsabilité de chacun de faire son autocritique pour, petit à petit, retrouver le plaisir d’acheter. Moins mais mieux.

« N’achetez pas pour le plaisir de le faire. Je pense que les gens ne devraient pas investir dans la mode, mais investir dans le monde », ces mots sont ceux de la créatrice britannique Vivienne Westwood et ils résonnent en nous avec beaucoup de force. Dans notre philosophie et dans les engagements qui ont présidé à la création de CANOPEA. Fabriquer des vêtements de qualité, à la fois beaux, écoresponsables et produits dans des ateliers européens pour lesquelles les conditions de travail sont une priorité.

Nous sommes fiers depuis deux ans de participer en tant que marque à The Fashion Revolution pour mettre en avant les personnes qui travaillent dans nos ateliers ainsi que leur savoir faire.

Pour plus d'information sur l'édition de cette année et comment vous aussi, vous pouvez participer, visitez leur site The Fashion Revolution.



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